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lundi 2 janvier 2012

Quel intérêt de faire ses propres confitures?

Un p'tit texte que j'ai appris et joué dans mon enfance et qui résume un peu l'esprit de La Patouilleuse
Le jour que nous reçûmes la visite de l'économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseilles et de framboises
 
L'économiste, aussitôt, commença de m'expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que c'était une coutume du Moyen Age, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.
- Attendez, monsieur ! m'écriais-je. 
Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal ?
- Quoi donc ? fit l'économiste.
- Mais l'odeur, monsieur, l'odeur ! Respirez : la maison tout entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l'odeur des confitures !
L'économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d'herbivore. Je commençais de m'enflammer.
- Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n'a pas d'importance. Quand les confitures sont faites, eh bien ! nous les jetons.

J'ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. 
Ce n'est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures en souvenir de leur parfum.
 
Georges Duhamel (Fables de mon jardin)

vendredi 27 mai 2011

L'importance d'être constant

Des discussions avec des amis pâtissiers m'ont récemment fait réaliser pourquoi je resterai probablement toujours amatrice...

Un pâtissier se doit de faire chaque jour la même qualité de croissant, de biscuit et d'entremet. De plus, les différents croissants de sa vitrine doivent avoir la même taille et le même aspect. Etant donné ces contraintes, la pâtisserie professionnelle est hyper cadrée et chaque paramètre et mesuré.

On pourrait croire que c'est le pied pour une fan de sciences de peser, mesurer, compter... mais en fait, ma flemmingite chronique reprend vite le dessus d'où le peu de constance dans mes gâteaux.

Ne soyez donc pas trop surpris si vous n'obtenez pas exactement les mêmes résultats que moi avec les recettes de ce blog: j'arrive à faire un plat différent à chaque fois que je les essaye moi même.

mercredi 18 mai 2011

Philosophie de la recette

Doit-on partager ses recettes?

C'est un débat que j'ai eu avec plusieurs personnes dont je trouve la position assez révélatrice:

- certains voient les recettes de cuisine comme un secret qui n'a de valeur que s'il est bien gardé (éventuellement transmis par la mère à sa fille préférée, le jour de sa mort).

- certains voient le concept même de recette comme un frein à la créativité et pensent que tout cuisinier doit se constituer avant tout un goût et un savoir faire et peut se passer des instruction d'autrui.

- certains enfin pensent que les recettes sont un bon premier pas pour des cuisiniers débutants, que d'avoir une méthode qui marche est rassurant dans un premier temps et peut laisser au cuisinier le temps d'apprendre à créer.

En ce qui me concerne, j'éprouve beaucoup de plaisir à tester et améliorer une recette. Une fois ce travail fait, je ne vois pas de raison de ne pas le partager à d'autres... mais je souhaitent vivement que ces autres continuent à changer la recette...
Je dois cependant avouer que je ne suis pas peu fière quand certains me disent "j'ai testé ta recette, c'était trop bon"!

Et vous, comment voyez vous les recettes?